Daniel de Saint Riquet association Vie Libre, trésorier de l’Association MAD PRIDE et Joan Sidawy usager de santé mentale – membre du Club House France

"Fous et alors ?"  

Les organisateurs de la Mad Pride revendiquent leur différence et veulent renverser l'injure. Comme Aimé Césaire et la negritude, comme les noirs américains des annes 60 qui criait "black is beautiful", comme les homosexuels des années 80 qui inventent la "gay pride", les "fous" d'aujourd'hui assument avec fierté leur singularité : " Nous refusons la honte, "fou" ne doit plus jamais être une insulte ! Tout le monde est concerné ! Nous sommes des personnes à part-entière et non pas des personnes à part !  Nous refusons d'être sans cesse disqualifiés, discriminés dans nos droits les plus communs!" disent-ils alors que la psychiatrie continue de faire l'objet de signalement de maltraitance.


Joan Sidawy (Club house) et Daniel de Saint Riquet (Vie Libre)


Le défilé de la revendication


Les personnes avec un handicap psychique veulent sortir de la honte et faire valoir leurs droits : "Bonsoir, je suis un "usager", au quotidien ! Le mot "fou" ne me gêne pas, et même je crois que j'y tiens. Les manifestations sur la santé mentale choisissent de communiquer sans appeler les choses par leur nom, la folie fait peur, c'est toujours la folie de l'autre ! La mad pride doit parler de la folie, des fous, de nous les "usagers"... Pas de promesses, des faits, des actes !!! Ce défilé sera celui de la revendication, car pour les "usagers"/fous, c'est tous les jours que les portes se ferment, que les sangles sont bouclées, les silences doivent cesser."