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Scandale en Grèce: des enfants handicapés mis en cage

Une petite autiste de neuf ans tend les bras de l’infirmière qui vient lui ouvrir la porte. Elle saute alors sur le sol de pierre et se pend à son cou. Mais après une courte étreinte, elle se laisse de nouveau enfermer sans faire d’histoires. Elle est habituée à cette cage, elle est son unique maison depuis ses deux ans.
Ces scènes sont quotidiennes dans cette institution pour enfants handicapés dans le sud de la Grèce. Ce procédé a été mis en place après le décès de deux adolescents qui avaient ingurgité des objets accidentellement.
Au lieu d’augmenter l'effectif du personnel soignant, qui aujourd’hui est d’une infirmière pour plus de 20 enfants, la direction a opté pour la mise en cage des enfants. La grande majorité étant des enfants abandonnés par leur famille, personne ne se souciait de ces conditions d’hébergement.
Mais il y a cinq ans, un groupe d’évaluation européen a envoyé des volontaires dans le centre pendant quelques mois.
A l’issue de cette douloureuse expérience, certains volontaires ont écrit à toutes les associations de défense des droits de l’homme existantes pour dénoncer cette barbarie. Mais à chaque fois aucune suite n’était donnée à leurs témoignages.
Catarina Neves, psychologue portugaise, faisait partie des volontaires. Elle explique :
« Le premier jour j’ai été très choquée mais par la suite ce qui m'a le plus étonné a été la réaction du personnel de l’institution qui affirmait volontiers que les enfants aimaient leurs cages, qu’ils s'y sentaient bien. »
Car selon la psychologue, ces privations de liberté ne peuvent que traumatiser davantage des enfants handicapés et abandonnés. Et malgré le discours de la direction de l'établissement qui se défend en déclarant que ces conditions de lit clos sont meilleures pour les enfants, c'est au personnel que cela profite selon Catarina Neves. Car ils ne sont plus tenus à une surveillance permanente des enfants.
Depuis la diffusion de ce reportage par la BBC, la secrétaire d’Etat grecque en charge des Affaires sociales s’est expliquée :
« Actuellement, il y a douze centres d’accueil pour enfants et adultes handicapés mentaux. Mais nous allons en ouvrir d’autres, et nous réfléchissons à fermer éventuellement ces grosses institutions ».
Mais pour l’instant, aucun délai n’est donné pour confirmer cette bonne volonté. Et des dizaines d’enfants continuent, chaque jour, à entendre la porte de leur cage se refermer à double tour.