Vivre FM TV

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Mercredi 22 Janvier 2014

Vivre FM sur BFM TV

PRENDRE LE MICRO POUR REPRENDRE CONFIANCE 

le 20 janvier 2014
 
Depuis près de 10 ans, des personnes atteintes de troubles psychiques graves, ou ayant été victimes d’AVC ou de traumatismes crâniens, prennent la parole sur Vivre FM, une radio gérée par l'ANPHI (Association nationale pour la prévention du handicap et pour l'information). Petit à petit, elles retrouvent confiance en elles, grâce aux techniques de communication. Car avant d’être à l’antenne, elles sont formées dans un centre dédié, accompagnées par des thérapeutes et des professeurs de théâtre. Le micro devient un outil pour leur insertion : l’accompagnement sur plusieurs mois est une passerelle vers l’emploi.

Reportage : Yves Couant pour BFMTV

Mardi 10 Décembre 2013

Le clip des jeunes de Poitiers

Le conseil communal des jeunes de Poitiers a enregistré un clip contre les discriminations au handicap. Ce Conseil a été récompensé lors des trophées de l'Apajh 2013.

Mardi 12 Novembre 2013

Une jeune aveugle chante

Lors de sa tournée mondiale, en Australie, l'ex Destiny Child a tendu son micro à Sophie, jeune spectatrice aveugle.

De passage en Australie pour 14 concerts, Beyoncé a clôturé son séjour dans le Pacifique avec deux shows sur la scène de la Perth Arena. Devant plus de 15.000 spectateurs, la chanteuse de 32 ans a fait résonner les titres de son précédent album "4" ainsi que ses plus gros tubes. Comme à son habitude, elle s'est approchée de la fosse lors du titre "Irreplaceable", l'un des moments forts du concert.

Sophie 13 ans chante "to the left to the left"' avec la star

Ce soir-là, l'artiste s'est accroupie face à Sophie Kotkis, une fan de 13 ans, aveugle de naissance. « Il y a une fille très spéciale ici ce soir. Sophie, je crois que j'ai besoin de toi pour m'aider à chanter cette chanson » a déclaré Beyoncé, lui faisant répéter « to the left, to the left » sous les cris du public. Aux anges, la demoiselle a eu droit à un moment privilégié avec son idole, qui lui a caressé le visage et qui a chanté son titre rien que pour elle pendant un court instant. Un moment touchant qui a pu avoir lieu grâce à l'association Hope For Children.

Le jeune autiste Lou Boland atteint du syndrome Morsier et non voyant, a un sens inné pour la musique. Il interprete une de ses compositions en premiere partie et en deuxieme partie reprend de maniere incroyable le tube "Formidable" de Stromae.

Le film "sur le chemin de l'école" décrit le défi que relève chaque matin quatre enfants du monde pour aller à l'école. Un film en forme d'hymne à l'école.

Rencontre avec Pascal Plisson, réalisateur et Barthélémy Fougea, Producteur

Pascal Plisson :

« sur le chemin De l’école est né d’une rencontre improbable, qui m’a bouleversée. J’étais en repérage pour un film animalier, près du lac Magadi, au nord du Kenya. Avec le chauffeur qui m’accompagnait, nous avions arrêté la voiture pour observer. Il faisait 35 degrés, c’était un jour blanc, la lumière était aveuglante. Au loin, j’ai vu se profiler des formes bizarres dont les contours ondulaient dans les volutes de chaleur. Impossible de savoir s’il s’agissait de zèbres, d’autres animaux ou d’humains. Ces formes sont directement venues vers nous et j’ai vite identifié trois jeunes guerriers Massaï. Je connais bien ce peuple et j’ai tout de suite remarqué l’étrange sacoche en toile de jute qu’ils portaient sur le dos. C’était très inhabituel. Ils m’ont expliqué que c’était un cartable et qu’ils étaient partis de chez eux avant l’aube, courant depuis deux heures, pour rejoindre une école située derrière la colline, au-delà du lac. Très fier, le plus jeune m’a montré son ardoise et son stylo. Pour ne pas être en retard, ils sont vite repartis... et je suis resté sous le choc.

« Je voyage depuis toujours. J’ai croisé beaucoup de gamins dans leur genre, partout sur le globe, sur le bord des routes, dans la savane, dans les forêts, mais jusque-là, je n’avais jamais pris conscience des exploits que ces enfants accomplissent pour accéder au savoir. Cela m’a bouleversé. Peut-être parce que j’ai moi-même quitté l’école très tôt pour courir le monde. Peut-être parce que depuis, je me suis rendu compte que continuer mes études m’aurait été utile. Moi qui pouvais aller à l’école si facilement, j’ai choisi de m’en éloigner. Lorsque, aujourd’hui, je vois mes filles qui râlent un peu le matin pour y aller alors que ceux que j’ai croisés au milieu de nulle part risquent souvent leur vie pour s’y rendre, ça m’interpelle. Le savoir est fondamental. L’école est une chance. Découvrir ces enfants prêts à tout pour accéder au savoir m’a profondément ému. Ces jeunes Massaï ont renoncé à être des guerriers pour aller vers l’éducation. J’ai voulu faire ce film sur ces enfants. »

Barthélémy Fougea :

« Lorsque Pascal est venu me voir avec ce projet, le sujet m’a tout de suite parlé. J’ai toujours eu l’ambition de faire des documentaires pour la jeunesse,

ce qui n’existe quasiment pas. J’avais déjà produit une série sur de tout jeunes musiciens - « Passions d’enfants » - et cela m’avait enthousiasmé.
« Pour moi, le documentaire a une mission de transmission, d’apprentissage, mais on ne parle pas à un adulte comme on parle à un enfant. Quand on s’adresse à un enfant, il faut qu’il s’identifie à ce qu’il voit et qu’il retrouve les codes qui lui sont propres. C’était le cas ici, et le propos pouvait aussi toucher des adultes. Je recherche aussi une universalité des thèmes, car produire du documentaire se fait aujourd’hui de manière internationale.
sUr le chemin De l’école aborde un thème qui concerne tout le monde, au-delà des clivages géographiques, culturels, religieux ou politiques. Le projet renferme une puissance immédiate qui rencontre un écho intime en chacun.

« Nous avons rencontré Jean-François Camilleri, le président-directeur général de Walt Disney Company France, qui s’est tout de suite engagé à nos côtés. Il a été notre premier soutien, et son appui nous a permis de lancer le processus de production.

« De la préparation à la postproduction du film, j’ai travaillé très étroitement avec Pascal. J’aime produire en étant concerné. Je ne suis pas uniquement un producteur qui s’occupe de montages financiers. Je m’intéresse à l’éditorial. C’est un aspect qui me fascine, et ce sujet-là me touchait particulièrement. »

ceux qui Font le chemin...

Pascal Plisson :

« Nous avons cherché des enfants qui non seulement se battent pour aller à l’école, mais qui en plus ont la lucidité de leur situation et se rendent compte que leur démarche est essentielle pour leur avenir. Il existe beaucoup d’enfants qui ne sont pas scolarisés pour le savoir qu’ils peuvent acquérir - parfois, l’école représente surtout leur seule chance d’avoir un repas par jour. »

Barthélémy Fougea :

« Pour découvrir les enfants, nous avons fait un véritable travail d’enquête. On est vraiment dans du documentaire. Nous nous sommes appuyés sur l’Unesco, légitime sur ce propos, sur Aide et Action, une grande association qui travaille sur l’accès à l’éducation de qualité pour tous à travers le monde, et sur les contacts que Pascal et moi, qui faisons du documentaire depuis trente ans, pouvons avoir partout dans le monde. On a sollicité toutes nos connaissances. C’est là que nous avons découvert le premier effet fantastique de cette aventure : dès que l’on expliquait le projet, tout le monde accrochait et souhaitait nous aider. « Pour trouver un enfant qui met longtemps à aller à l’école, il faut d’abord trouver l’école. L’Unesco et Aide et Action ont fait des recherches sur leurs propres programmes. On a trouvé des écoles atypiques structurellement ou géographiquement, à qui nous avons demandé quels étaient les élèves qui effectuaient le pire chemin pour s’y rendre... On a recueilli une soixantaine d’histoires venues du monde entier. Toutes étaient magnifiques et représentaient à chaque fois des combats plus beaux les uns que les autres. Faire un choix a été très difficile. Il fallait que les sujets apportent quelque chose au projet, à son esprit.

« Nous avons par exemple trouvé un très joli sujet en Chine. Je finissais un film sélectionné à un festival chinois et j’en ai profité pour partir en repérage. J’ai trouvé l’enfant. Parallèlement, Aide et Action nous a parlé d’une petite fille au Maroc dans un environnement assez similaire. En Chine, les choses ont changé dès que l’on a dit que le sujet nous intéressait, car pour les Chinois, il n’existe officiellement aucun problème d’accès à l’éducation et le fait même de faire ce film impliquait qu’il pouvait y en avoir. C’était inacceptable pour eux. En quinze jours, ils ont sécurisé le parcours des enfants, ce dont on ne peut que se réjouir ! Le chemin parcouru ne s’inscrivait alors plus dans le sujet du film.

« L’ensemble du film a été très complexe à équilibrer. Il fallait éviter l’effet catalogue ; chaque histoire devait avoir son propre sens dans le thème général. À chaque fois, même si on avait repéré, on ne savait pas ce que Pascal pourrait rapporter. Au départ, on était partis sur cinq histoires. On a commencé par tourner au Kenya parce que Pascal connaît très bien le pays. Il y a beaucoup tourné, il y avait de nombreux relais et appuis sur place. C’est vraiment son deuxième pays de cœur. »

Risquer sa vie pour apprendre

Pascal Plisson : « J’ai travaillé dix ans au Kenya, à faire des films sur les animaux, sur les Massaïs, les populations... Je connais bien le Nord, où je savais que les écoles étaient très loin des lieux d’habitation. Je suis allé en visiter une dizaine, séparées de plusieurs journées de route. Une de mes propres filles m’a accompagné. À chaque fois, je demandais

à réunir tous les enfants. Ensuite, je les interrogeais pour savoir qui accomplissait plus de dix kilomètres pour venir. Je me suis ainsi retrouvé avec une quinzaine d’enfants, qui habitaient à 10, 15 et même 20 kilomètres. Jackson est tout de suite sorti du lot. À l’époque, il avait onze ans et sa maturité, sa détermination m’ont tout de suite frappé. Il m’a déclaré qu’il avait toujours imaginé qu’un jour, quelqu’un comme moi viendrait le chercher pour l’aider à s’en sortir. Il était persuadé qu’avec l’effort qu’il faisait pour aller à l’école, quelqu’un viendrait l’aider. Sa lucidité et son espoir m’ont bluffé. Jackson n’avait jamais vu un film ni même une télévision. Il ne savait pas comment on fait une image.

« Je suis allé chez lui pour mieux le connaître et rencontrer ses parents. Jackson vit dans une petite hutte en paille avec six autres personnes, à même la terre. Ils ne mangent souvent que le soir. Il s’est rendu compte très jeune que l’école était le seul moyen de s’en sortir. Il veut absolument s’éduquer, apprendre pour avoir un métier, aider sa famille, et ne pas avoir la vie de ses parents. Cet enfant m’a ému. Il m’a touché par sa réflexion. Lorsque je l’ai vu laver ses vêtements dans les trous d’eau qu’il creuse dans le sable comme on le voit au début du film, j’étais impressionné. Jackson m’a alors dit une chose qui reflète bien son esprit : « Ce n’est pas parce que je suis le plus pauvre que je dois arriver sale à l’école ».

« J’ai suivi le trajet de fou qu’il accomplit pour aller à l’école, 15 km matin et soir, à travers les montagnes, parmi les éléphants. Chaque année, quatre ou cinq enfants se font tuer par des éléphants sur le chemin de l’école. Tous les matins, le professeur compte les élèves pour repérer les absents. Certains ne reviennent jamais. Jackson a failli se faire tuer plusieurs fois.

« L’amour qu’il témoigne à sa petite sœur et sa responsabilité envers elle m’ont aussi beaucoup touché. Elle ne peut pas aller à l’école sans lui. Elle pourrait se faire kidnapper et violer sur le chemin. Régulièrement, les deux enfants croisent des bandes armées qui enlèvent les plus jeunes pour les emmener au Soudan. Pour la petite, le seul moyen d’aller à l’école, c’est de rester collée à lui. Et comme il veut arriver à l’heure le matin, elle n’a pas le choix et doit aller vite.

« Pour être au plus près de Jackson et le filmer sur son trajet, nous avons monté un camp au milieu de nulle part parce que la première ville était à plus d’une heure de voiture. On a campé en brousse avec sept rangers pour nous protéger des animaux et des brigands. Ce sont des endroits réellement dangereux. »

Barthélémy Fougea : « Au moment où Pascal terminait de tourner au Kenya, la Chine était en train de se compliquer et nous venions de découvrir la petite Zahira au Maroc. Il y avait aussi l’Australie qui se préparait, et c’est un cas qui donne une idée de notre approche et des choix que nous avons dû faire. L’Australie nous intéressait particulièrement parce que les enfants qui habitent dans l’outback sont à 700 km de leur école. Ils ne vont pas à l’école, c’est l’école qui vient à eux. Au début, l’enseignement se faisait par radio. Aujourd’hui c’est par Internet, avec livraison des devoirs par avion. Lorsque l’enfant atteint ses 12 ans, il part en ville, à l’école, pour la première fois, autant pour se socialiser que pour apprendre, car jusque-là, perdus dans des espaces immenses, ces enfants ne vivent qu’avec leur famille, quasiment sans aucune relation. Ils ne connaissent rien de la société, au point de ne pas savoir traverser une rue. Ils ne possèdent aucun des codes de la vie en communauté. Cette situation nous intéressait. Pour chaque enfant présenté dans le film, nous voulions qu’il y ait un thème sous-jacent à l’histoire, même si nous ne souhaitions pas le mettre en exergue : l’accès à l’éducation des filles, une infirmité, la socialisation...

« Pascal est donc parti tourner en Australie, mais nous avons ressenti une déception à plusieurs niveaux. Nous avons découvert que les enfants sont finalement très encadrés, très soutenus et que du coup, l’envie d’aller à l’école ne vient pas complètement d’eux. Ils y sont poussés mais n’ont pas forcément une grande motivation. C’est une obligation, qui prend des apparences spectaculaires de par la géographie du pays mais qui finalement, ressemble assez à ce que nous vivons chez nous. Ils n’ont pas cette extrême motivation qui est celle de Samuel, Zahira, Jackson ou Carlito pour accéder à l’éducation. Nous perdions le cœur de notre sujet et nous avons décidé de ne pas associer cette histoire à celle des autres. »

Pascal Plisson : « Zahira a été repérée par l’association Aide et Action dans un village berbère de l’Atlas marocain, Tinerhourhine, qui est inscrit dans un projet mené par l’association dans la vallée d’Imlil. Elle veut devenir docteur. Je suis allé la rencontrer en pleine montagne, et j’ai découvert une petite fille brillantissime, très lucide, avec une famille, un père berbère qui a bien compris que l’école était très importante pour sa fille. Zahira bénéficie d’une vraie solidarité familiale. Et l’on se rend compte que l’enfant ne peut rien faire si la famille n’est pas présente. L’accès au savoir est une aventure familiale. Si son père avait voulu la garder pour les tâches ménagères, s’il avait planifié une union, ce serait terminé. La solidarité familiale est très forte au Maroc. Et c’est ainsi que Zahira se lance sur cet incroyable chemin avec ses deux amies. Elles passent deux cols, et en hiver c’est très dur. Ensuite, il faut qu’elles trouvent une voiture, et rares sont les personnes qui acceptent de les prendre en stop. Elles partent le lundi pour l’internat, et reviennent le vendredi soir. Zahira a une belle personnalité. Elle est très ouverte vers le monde, vers les autres. Elle veut convaincre les pères qui retiennent leurs enfants dans la montagne de les envoyer à l’école. » Barthélémy Fougea : « Chacun des enfants fut une découverte, sauf Samuel, en Inde. Son histoire nous est parvenue grâce à un coproducteur indien basé à Pondichéry avec lequel j’ai travaillé il y a quinze ans. Il nous a envoyé un article sur Samuel paru dans un journal local. »

Pascal Plisson : « On a hésité en lisant l’article parce qu’on ne voulait pas avoir l’air de jouer sur le misérabilisme d’un handicapé. On a redouté les clichés que certains risquaient de nous mettre sur le dos. Mais l’histoire de Samuel était plus forte que les a priori, notamment parce qu’il y avait aussi ses deux frères et une fantastique entraide entre eux. C’est grâce à ses deux jeunes frères qu’il peut aller à l’école. Je suis donc parti en repérage dix jours. J’ai trouvé Samuel dans son fauteuil, très fatigué, mais dès que les trois frères ont été ensemble, j’ai vu son visage s’illuminer. Quand j’ai vu ce fauteuil, sa maman, l’endroit où il vivait et le chemin

rencontre avec Pascal Plisson, réalisateUr et Barthélémy FoUgea, ProDUcteUr

qu’il accomplissait tous les jours pour aller à l’école, la relation qu’il avait avec ses copains, tout l’environnement qui les aidait pour sortir de tout ça, j’ai trouvé qu’il y avait une histoire humaine exceptionnelle. Ils m’ont fait pleurer. Ces trois gamins ont une puissance incroyable : ils ont de l’humour alors qu’ils en bavent tous les jours. Leur solidarité crève l’écran. C’est un hymne à la vie. »

Barthélémy Fougea : « J’ai seulement participé au dernier tournage en Argentine parce que c’était la dernière histoire et que je connais très bien le pays. Cela me semblait important pour clore le film. J’avais identifié 9 enfants en Patagonie du Nord, et on est partis en repérage avec Pascal. On a rencontré Carlito, et son histoire était superbe. On est allés voir son école, on leur a expliqué le projet qu’ils ont tout de suite aimé. Comme à chaque fois, nous gardions un principe fondamental à l’esprit : l’enfant n’est pas un acteur. On film sa vraie vie, on ne peut donc pas le payer. Il faut par contre l’aider à étudier encore mieux. S’il va à l’école, il faut qu’on aide son établissement. L’école était tout à fait partante. On en a aussi parlé aux parents de Carlito, qui trouvaient cela formidable et approuvaient le projet. Quand on en a parlé à l’enfant, il a dit non... parce qu’il ne voulait pas rater l’école ! Dans la logique qui lui donnait son intérêt à nos yeux, il avait parfaitement raison. On ne voulait surtout pas insister. Sinon nous serions allés complètement à contresens de ce que nous voulions...

« Pascal a eu l’idée de transformer ce tournage en projet éducatif qui pourrait, à travers Carlito, apprendre à tous ses camarades ce qu’est un film et comment on le fabrique. Sous cet angle, le petit a accepté et s’est vraiment engagé. On leur a présenté le matériel, on les a associés à toutes les étapes techniques, et Carlito a pu apprendre, pour lui et pour sa classe.»

Pascal Plisson : « En Amérique latine, certains enfants vont encore à l’école à cheval. On a trouvé Carlito au milieu de la Cordillère des Andes. Sa famille et lui vivent dans une maison modeste mais ne sont pas pauvres. Ils sont un peu perdus dans la nature, et vivent modestement mais bien. L’Argentine est un pays qui a toujours éduqué ses enfants. Les écoles sont partout. Ce qui est intéressant, c’est la relation entre Carlito et sa petite sœur. Elle fait le trajet avec lui, à cheval, en croupe. Carlito est intéressant parce qu’il veut vivre chez lui, sur la terre de ses parents. Il veut être vétérinaire et n’a pas envie d’aller voir le monde. Il est aussi entouré

 

Pascal Plisson : « Ces enfants ne sont pas des acteurs et je ne voulais pas qu’ils essayent de jouer la comédie. Je souhaitais qu’ils vivent leur vie comme d’habitude. Pour parvenir à ce qu’ils soient naturels malgré notre présence, il fallait qu’ils aient confiance. Pour établir ce lien, j’ai passé énormément de temps avec eux. Je suis allé les voir, je leur ai parlé. Seul, sans caméra. J’ai passé beaucoup de temps à discuter avec eux, de leurs envies, de leurs rêves... Et puis ce sont des enfants qui s’intéressent à vous, donc il faut raconter aussi votre propre histoire. Ce n’est pas à sens unique. J’ai un rapport très direct avec les enfants. J’ai tout de suite créé des liens très forts avec eux, très émotionnels, comme à travers tous les films que j’ai faits. J’ai aussi fait le chemin de l’école plusieurs fois avec chacun, pour saisir concrètement comment ça se passait, ce qui leur arrivait... J’étais souvent seul, sauf en Argentine où Barthélémy était présent.

Je me suis toujours adapté à leur situation. Je voulais qu’ils aient du plaisir à faire ce film. Je souhaitais qu’ils comprennent ma démarche, et que ce soit une expérience qu’ils aient envie de partager avec moi. On a dialogué, plaisanté, fait les idiots ! J’ai vécu avec eux. Les enfants m’ont donné ce qu’ils avaient envie de me donner. Je ne leur ai rien demandé. Ils m’ont donné en fonction de la relation que j’avais avec eux. Le film tient à cela. »

Barthélémy Fougea : « Pour chaque histoire retenue, Pascal allait d’abord en repérage dix jours, puis il repartait ensuite avec un chef opérateur, Simon Watel et un ingénieur du son, Emmanuel Guionet. Ils tournaient avec une caméra 2 K. Localement, ils étaient appuyés pour la régie, la logistique - soit environ six ou sept personnes, sauf en Inde où ils étaient douze. Pour chaque enfant, on était parti du principe de tourner douze jours maximum, pour ne pas les lasser et trop interférer dans leurs vies.

Le tournage de l’ensemble s’est étalé de février à octobre 2012. À chaque retour de Pascal, nous commencions à analyser les rushes - environ huit à neuf heures pour chaque histoire. C’était à la fois un bonheur de découvrir ce que Pascal rapportait parce qu’il y avait là une matière humaine extraordinaire, mais aussi une angoisse parce qu’il ne faisait que capter une réalité et qu’elle devait se suffire à elle-même. Tout dépendait des enfants, de leur charisme et de leur volonté de transmettre. Il partait à chaque fois avec une idée de narration, mais cela restait une idée. Il a souvent fallu s’adapter pour coller à la réalité. Très vite, les images du Kenya m’ont confirmé que les choix techniques étaient les bons. Même s’ils étaient lourds, notamment avec des optiques cinéma, cela donnait des images superbes. » Pascal Plisson : « Pour plus de mobilité, nous n’étions que trois pour tourner. On n’a même pas amené de lumière.

Les enfants n’avaient jamais vu une caméra, ni une équipe de tournage. La seule chose que je leur demandais était de ne jamais regarder l’objectif. Sinon, je voulais qu’ils bougent comme ils ont l’habitude de le faire. On a cavalé comme des fous pour être là où il fallait. Je connaissais le chemin qu’ils empruntaient parce que je l’avais déjà beaucoup fait avec eux. Je savais par où ils passaient. Je les laissais faire leur trajet et j’allais me positionner pour les filmer au passage, un tronçon par jour. Lorsque Jackson s’est fait attaquer par les éléphants, j’étais là. J’ai bien senti que lui et sa sœur étaient inquiets, et au moment où je me trouvais avec eux, des éléphants ont cassé des branches tout près, ils ont eu peur et se sont enfuis. On les a suivis. Cette situation est presque banale pour eux. Après l’alerte, on a simplement refait le moment où ils se réfugient dans le canyon. Je ne voulais pas mettre ces enfants en danger en les amenant près des éléphants. »

« Cela peut paraître surprenant, mais le fait d’avoir réalisé beaucoup de documentaires animaliers m’a vraiment aidé. C’est un genre qui demande un sens aigu de l’anticipation. Il faut savoir se trouver au bon endroit. Quand je vois qu’un guépard marche d’une certaine manière, à la forme de son ventre, à son regard, je devine qu’il y a des gazelles et qu’il est en chasse. C’est à moi de me positionner par rapport à lui dans un rayon qui n’interfère pas dans sa chasse, pour essayer d’attraper le maximum d’axes possibles. C’était la même chose avec les enfants.

« Depuis vingt ans, je filme soit les animaux dans la nature, soit les hommes dans la nature... J’adore être à la fois proche des personnages dans la nature, et aussi être très large de manière à les situer dans un décor particulier. À chaque fois, c’est la même chose : être proche d’eux dans l’émotion, et toujours les resituer dans un décor pour montrer au public l’environnement dans lequel ils se trouvent.

« Je n’ai pas fait que du documentaire animalier puisque, au début, je faisais des films sur les hommes dans la nature. J’ai suivi des camionneurs en Sibérie, j’ai traversé la Sibérie pour aller voir des peuples dans la toundra pendant pas mal de temps. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’émotion. « Il fallait aller vite, les suivre. On a beaucoup tourné à l’épaule. Jackson va très vite quand il marche avec sa sœur... On avait souvent du mal à tenir leur rythme ! Il a 11 ans, pèse 45 kg, il cavale toute la journée... Heureusement que je connaissais parfaitement le chemin qu’ils empruntent, sinon on les aurait perdus !

« Le film s’est aussi nourri de tout ce que personne ne peut prévoir. Par exemple, quand Samuel arrive à l’école et que

son jeune frère lui rajuste sa chemise, le coiffe et l’embrasse, je ne l’avais pas anticipé. Nous étions simplement là au bon endroit, au bon moment, pour recueillir ces gestes magnifiques. Dans un registre moins positif, la roue du fauteuil qui casse, nous ne l’avions pas vu venir non plus. Ça arrive, c’est comme ça. Et il s’est avéré que le magasin à qui ils demandent de l’aide était juste au coin de la rue. »

Pascal Plisson : « Au Kenya, ils parlent le swahili et le massaï... Je comprends bien le swahili. En Patagonie, c’est l’espagnol, avec lequel je me débrouille un peu. Au Maroc, je ne comprends rien, tout comme en Inde. J’avais un interprète à chaque fois, mais il ne traduisait pas toujours l’intégralité des paroles des enfants. Ce n’est que lors du montage, lorsque j’ai demandé une transcription de leurs propos, que j’ai découvert ce qu’ils disaient.

« Au départ, on avait prévu une voix off qui couvrait tout le film. Et quand on s’est aperçus que ce que disaient les enfants était hallucinant, que le film tenait avec leurs propos et leurs voix, j’ai demandé à retirer la voix pour les laisser vivre. Quand Jackson demande à sa sœur d’accélérer, c’est de son propre chef. Quand on filme les enfants qui parlent du train ou rêvent de voir les États-Unis, je suis loin, je n’entends même pas ce qu’ils disent. »

Barthélémy Fougea : « Définir l’esprit et la couleur de la musique du film n’a pas été simple. Nous souhaitions de l’émotion et de la proximité. Pour moi, la musique symphonique est celle qui véhicule le mieux la grande émotion au cinéma. Mais une formation orchestrale complète aurait manqué de tendresse et nous aurait fait perdre l’intimité recherchée. La musique ethnique pouvait nous rapprocher des personnages et de leur culture mais nous aurait emmené vers un film de voyage et la couleur locale nous aurait fait perdre l’universalité des sentiments que nous voulions transmettre. Laurent Ferlet, à qui j’ai fait appel pour composer la musique a réussi, en utilisant des cordes d’orchestres et des instruments ethniques, à définir une couleur musicale qui nous permet

de relier une histoire à l’autre.
La proximité émotionnelle recherchée est présente grâce à ce délicat mélange qui a été ajusté étape par étape avec nous pendant et après le montage. Certains thèmes ont même été écrits dans l’avion qui nous emmenait aux studios d’enregistrement des cordes ! »

 

Pascal Plisson : « Il est impossible de s’immerger dans ce genre de projet et d’en ressortir comme si rien ne s’était passé, en laissant les gens là où on les a rencontrés. Je vois toujours les enfants. J’entretiens une relation avec eux qui est très forte. Ça me fait quatre enfants en plus ! De toute façon, on ne peut pas faire un film comme ça sans en sortir indemne. Ce sont des enfants qui s’investissent pour vous, parce qu’ils vous font confiance. Je ne peux pas raconter n’importe quoi sur ces enfants. C’est moi qui suis venu les voir.

« J’ai changé Jackson d’école pour qu’il apprenne mieux. Je lui ai trouvé un parrain qui s’occupe de sa scolarité et de celle de sa sœur parce qu’il n’était pas question de les séparer pour toutes les raisons évoquées. Je suis retourné les voir en février dernier. Elle qui était si timide, qui ne regardait jamais dans les yeux, a littéralement explosé : elle parle anglais, elle est pleine de joie de vivre... Jackson n’était jamais monté dans une voiture, il n’était jamais allé en ville. Je l’ai emmené pour lui acheter un uniforme et il a découvert ce qu’était un grand magasin.

J’ai trouvé aussi un parrain à Samuel, qui leur construit une maison. Je le suis médicalement, on lui a trouvé un vrai fauteuil...
Les besoins de Carlito et de Zahira sont différents, et nous avons travaillé avec les écoles ou les associations qui les appuient, comme Aide et Action. Je n’ai pas pour habitude de venir, de prendre et de partir. »

 

Barthélémy Fougea : « Pour nous, ce projet dépasse de loin le fait de faire un film. C’est une aventure humaine. Ces enfants nous ont offert une leçon de vie. »
Pascal Plisson
: « Dans quasiment toutes les familles que j’ai rencontrées, ces enfants représentent la première génération qui va à l’école : les parents de Jackson n’y sont

pas allés, ceux de Samuel non plus, et ceux de Zahira non plus... Et je ne suis pas sûr que ceux de Carlito y soient allés. Il y a à peine quinze ans, on disait encore qu’il était ridicule d’envoyer les enfants à l’école parce qu’on les arrachait à leur culture. Les choses ont changé. Même dans les endroits les plus reculés du monde, les gens se rendent compte que l’accès au savoir est une chance. Au lieu de retenir les enfants confinés chez eux, ils les envoient à l’école. Les jeunes sont conscients de leur chance. Ils prennent tout, ils veulent tout savoir, ils veulent voyager, découvrir le monde, vivre des expériences. Ils veulent aider leurs familles parce qu’ils sont les seuls à pouvoir le faire aujourd’hui. D’ici une quinzaine d’années, partout, on va voir débarquer des profils passionnants, des gens surgis de nulle part, et qui ont tellement eu soif d’apprendre qu’ils se sont élevés aussi bien sur le plan humain qu’intellectuel. C’est une chance pour notre monde. »

« Je suis d’abord content parce que, malgré les doutes et les obstacles, nous avons réussi à finir ce film documentaire. Il correspond à la promesse que nous nous étions faite, vis-à-vis du public et vis-à-vis des enfants. »

Pascal Plisson : « Un film, c’est une vision. Je me suis battu pour aller au bout de la mienne. Barthélémy et Jean-François ont été de précieux appuis.
« Ce film me transporte. Je n’oublierai jamais cette histoire. J’espère montrer au public qu’il existe d’autres réalités et que l’accès au savoir est fondamental pour tous les enfants du monde. En France, nous avons la chance d’avoir des écoles au coin de la rue, mais c’est loin d’être le cas partout. C’est le message que j’aimerais transmettre, illuminé de l’espoir et de l’énergie que ces enfants nous offrent.

« Il faut aider chaque enfant à valoriser son potentiel, que ce soit au fond de la brousse, dans les montagnes ou dans nos cités. Plus l’environnement est compliqué, plus ils sont motivés. Ne nous privons pas de ces réserves de talents. Si on leur donne une chance de s’en sortir, nous y gagnerons tous. »

 

Mardi 24 Septembre 2013

Le talent n'empêche pas le handicap

Le festival "Regards Croisés" propose les 2 et 3 octobre des courts-métrages réalisés par des personnes handicapées sur la question du travail.

La campagne de pub réalisée aux Etats Unis, met en scène une équipe de basket en fauteuil roulant. Vantant la convivialité et le vivre ensemble, la pub Guinness joue la carte des valeurs du sport : virilité de l’échange, engagement, solidarité… Le tout sur la mélodie émouvante du groupe Cinematic Orchestra, to built a home.

Regardez les 60 secondes du film, la fin vous réserve une belle surprise !

Mais, attention, vous ne verrez pas ce spot en France, la loi interdit ici les pubs pour l’alcool.

Le club des supporters de l'équipe de France Handisport a été enregistré par les 4 stars sur un texte écrit par Chloé, 15 ans.

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