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Lundi 17 Juillet 2017 - 11h45

Film

"To the bone" : un film en demi-teinte

"To the bone" est la nouvelle production Netflix sortie le 14 juillet. Produit par Marti Noxon, le film aborde l'anorexie de manière frontale et nouvelle, même si le résultat final marqué par quelques incohérences scénaristiques.

Source : To the Bone Production LLC / Gilles Mingasson / Netflix
Source : To the Bone Production LLC / Gilles Mingasson / Netflix

 On rentre immédiatement dans le vif du sujet. La première scène du film se passe dans un long couloir d'hôpital, blanc et vide. Lily Collins prête ses traits à Ellen, 20 ans, atteinte d'anorexie psychologique. Ses séjours dans les hôpitaux traditionnels n'ayant pas été efficaces, sa famille décide de l'envoyer en dernier recours dans un centre spécialisé, dirigé par le Docteur Beckham, un médecin privilégiant le traitement psychologique aux soins médicaux conventionnels. Dans un nouvel environnement et entourée de jeunes souffrant de troubles alimentaires, Ellen va devoir apprendre à se reconstruire et s'accepter.

La reconstruction sur le devant de la scène

To the bone est porté par Marti Noxon et Lily Collins qui ont toutes deux souffert d'anorexie par le passé. Marti Noxon a choisi de focaliser son film sur la reconstruction plutôt que sur le traitement de cette maladie. Ainsi, pas d'intraveineuses, de crises, de vomissements. Ces sujets sont abordés verbalement mais ne sont pas visibles à l'écran. Dans ce film, l'anorexie est présentée comme une maladie mentale qui met véritablement la vie d'Ellen en danger.

L'accent est mis sur la reconstruction des patients donc, mais aussi des familles. Tout au long du film, la famille d'Ellen va essayer de comprendre les raisons qui l'ont poussé à s'affamer jusqu'à se mettre en danger. Le film met en avant la problématique des patients mais aussi des familles qui se sentent souvent responsables et coupables.

Marti Noxon parvient avec justesse, à alterner des scènes difficiles avec des scènes plus légères. Ellen noue rapidement des liens avec les six autres patients. Luke, lui aussi atteint d'anorexie est un personnage très important dans la vie de la jeune femme. Les touches de légèreté qu'apportent les scènes de vie des adolescents évitent au film de tomber dans le mélodrame.

Un scénario difficile à suivre

Même si Marti Noxon parvient à ne pas tomber dans les clichés, le film est tout de même marqué par quelques incohérences. Le père d'Ellen n'est jamais présent : à aucun moment on en évoque les raisons, qui semblent pourtant être importantes dans le mal-être d'Ellen. L'une des raisons majeures de son anorexie semble aussi être liée au suicide d'une jeune femme la suivant sur les réseaux sociaux et dont elle se sentirait responsable. Mais là encore, à aucun moment le spectateur n'est en mesure de comprendre de quoi il s'agit exactement.

La fin du film laisse également un peu dubitatif. La chute de l'histoire s'ouvre sur un rêve et pertube quelque peu le spectateur par rapport à la structure de départ de l'histoire.

Un thème difficile à aborder

Il faut tout de même admettre que l'anorexie est un thème difficile à mettre en scène au cinéma. Marti Noxon a le mérite de l'aborder frontalement et de manière juste. Le film est sauvé de ses longueurs par Lily Collins (Ellen) et Alex Sharp (Luke) qui arrivent parfaitement à jongler entre émotion et légèreté.

Avec To the bone, Netflix signe encore une fois un film sujet aux critiques. Ce film est sujet au même type de polémique qui avait entaché 13 Reasons Why : certains craignent que le film de Marti Noxon encouragent les jeunes à maigrir ou ne fassent replonger ceux qui souffrent de cette maladie. Si To the bone tombe sans doute dans certains clichés liés à l'anorexie, le film est tout de même emprunt d'une certaine justesse. Marti Noxon connaît le sujet et cherche surtout à susciter des réactions et donc, la discussion.

To the bone est donc loin d'être parfait, desservi par des choix de mise en scène étonnats et déconcertants. Mais ce film, porté par deux bons acteurs, a le mérite d'aborder frontalement le sujet et de provoquer la discussion.

 

Clarisse Dutillie

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