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Samedi 10 Juin 2017 - 06h00

Emploi

« Je fabrique des lits pour la Camif ! »

Un ESAT qui se distingue ! On y produit tout le mobilier de la chambre pour Camif.fr. L’atelier de menuiserie est le premier fournisseur en literie pour l’entreprise. Le pin des Landes parcourt 70 kilomètres avant d’être transformé par les travailleurs. Reportage sur ce partenariat fructueux.

Un travailleur handicapé de l'ESAT à Pau
Un travailleur handicapé de l'ESAT à Pau

Ce projet est le fruit d’un trio bien huilé : l’Esat, la Camif et bien-sûr les menuisiers de l’atelier

L'ESAT du Hameau à Pau travaille avec la Camif depuis très longtemps. A l'époque la Camif vendait du mobilier et du textile sur catalogue, c'était le troisième "VPCiste" de France. En 2009 l'entreprise est mise en liquiditation judiciaire. Peu de temps après, un entrepreneur du net décide de reprendre la Camif : Emery Jacquillat déjà à la tête de "Metelsom", un site d'achat de literie en ligne créé en 2000 alors qu'il vient d'être diplômé d'HEC. Il voit l'occasion d'y récupérer une base importantre de clients (les enseignants). Il transforme l'entreprise. Fini le catalogue papier, place à Camif.fr. Emery Jacquillat parie sur le local, les circuits courts, et la qualité des produits quitte à "être plus chers". Une déclaration choc :"je veux détroner Ikéa d'ici 2040". Il organise depuis quatre ans le "Tour du Made In France".

le PDG de Camif.fr et les travailleurs handicapés
Emery Jacquillat, PDG, au sein de l'atelier de menuiserie accompagné de travailleurs handicapés

L'entreprise travaille main dans la main avec cet ESAT du Hameau à Pau, et souhaite même développer d'autres partenariats.

Dévelepper plus de partenariats avec des ESAT !

Lors du reportage à Pau, plusieurs autres représentants d'ESAT étaient présents. L'objectif annoncé de la Camif est de développer le travail pour les personnes handicapées. Une démarche qui s'inscrit dans les valeurs de l'entreprise.

Anne Laurence, Directrice RSE de Camif lors d'un atelier de co-création
Anne Laurence, Directrice RSE en train de participer à un atelier de cco-création sur la récupération des chute de bois

C'est ce que nous a confié Anne Laurence, directrice RSE de l'entreprise :

La Camif et l'ESAT du Hameau, une histoire qui dure et ne s'arrêtera pas

Lorsqu'il a repris la Camif, Emery Jacquillat a souhaité pérenniser le partenariat et le développer. Aujourd'hui l'ESAT conçoit tout le mobilier pour la chambre et d'autres projets sont dans les post-its ! On le voit ici à Pau animer un atelier de co-création où clients, designers, travailleurs handicapés, moniteurs d'atelier de menuiserie réflechissent à d'autres meubles à produire.

Emery Jacquillat à l'ESAT du Hameau, en atelier de co-création
Le PDG, post-its en main en quête d'idées venues de ses clients et fournisseurs

Emery Jacquillat s'est confié sur la relation ESAT / Camif :

Anne Clavier, directrice d'ESAT engagée et vigilante

Anne Clavier est directrice de l'ESAT du Hameau depuis huit mois. Elle est très fière de ses équipes. Que ce soit les salariés de l'ESAT ou les travailleurs handicapés qui exercent différentes activités : espaces verts, restauration, mise sous pli, repassage et la grande fierté de l'ESAT, l'atelier de menuiserie où s'attèlent 48 travailleurs handicapés. Elle est fière de collaborer avec la Camif qui est un client important pour l'atelier de menuiserie. Cependant, elle reste vigilante car il fut un temps où la Camif n'allait pas fort. Mais depuis la reprise d'Emery Jacquillat et la nouvelle stratégie de vente en ligne, les affaires vont plutôt bien.


Anne Clavier directrice de l'ESAT et Emery Jacquillat

Anne Clavier, Directrice de l'ESAT et Emery Jacquillat, un duo très complémentaire

On écoute Anne Clavier, Directrice de l'ESAT du Hameau de Pau :

 

Un duo de jeunes designers créent un meuble pour malvoyants !

Lors de ce "Tour du Made in France", la Camif et l'ESAT du Hameau se sont aussi engagés dans une initiative innovante : faire appel à l'Ecole de Design des Landes pour réfléchir à un meuble destiné à des utilisateurs déficients visuels. Les deux jeunes qui se sont emparés du projet ont trouvé cela beaucoup plus intéressant et original de travailler sur une étagère "qui suit le parcours de la main de la personne malvoyante". Antoine Chagnon et Julie Biremont ont aussi trouvé enrichissant de s'investir pour le handicap. A l'inverse des conceptions plus classiques, créer pour une personne qui n'y voit pas c'est aussi "se mettre dans la peau de cette dernière". Une expérience aux antipodes des projets sur lesquels ils avaient pu travailler. Antoine Chagnon, désormais diplômé se destine au design dans le mobilier. Réfléchir à des meubles pour des porteurs d'autres handicaps "peut s'avérer intéressant". Ce dernier déclare : "pour moi, le meuble de demain c'est un meuble que l'on peut concevoir soi-même, en y ajoutant des modules".

Les jeunes designers de l'école de design des Landes

Les jeunes designers ont aussi participé à un atelier de co-création, en présence des clients fidèles, et des moniteurs/menuisiers

 

Antoine Chagnon, designer, feutre en main pour dessiner

 Antoine Chagnon, designer, feutre en main prêt à faire des propositions de meubles pour la Camif

"Je suis menuisier et pas travailleur handicapé"

Robert Vépert exerce dans l'atelier de menuiserie, sur une machine dangereuse. Il y glisse des planches de bois et les découpent à l'aide d'une disqueuse. Pour cet homme qui se déclare : "menuisier et non travailleur handicapé", le travail dans l'atelier est devenu une passion. Son handicap ? Des troubles de l'apprentissage lorsqu'il était plus jeune. Le parcours n'a pas été facile, mais aujourd'hui il sait lire, écrire et compter. Il est même en mesure de transmettre aux plus jeunes ses compétences. Evidemment, chaque travailleur handicapé est suivi, pour ne pas être affecté à des tâches qui ne seraient pas adaptées à ses capacités. Robert Vépert qui partira bientôt à la retraite est fier de former "les plus jeunes qui prendront la suite" (sous le regard attentif des moniteurs). La menuiserie, il l'a apprise d'abord avec son oncle, il s'est ensuite perfectionné à l'ESAT.

 

Robert Vépert, menuisier à l'atelier devant sa machine

Robert Vépert devant sa machine

 

Reportage réalisé à Pau, Esat du Hameau.

Léo Leblond

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