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Vendredi 05 Mai 2017 - 12h15

Histoire

En Allemagne, les personnes handicapées victime de la barbarie nazie bientôt identifiées

L'Allemagne lance une vaste campagne d’analyse de restes humains de personnes en situation de handicap tuées pendant la Seconde Guerre mondiale. Cinq chercheurs sont mobilisés pendant 5 ans pour identifier ces personnes et découvrir les motifs exacts de leur mort.

Mémorial à Berlin dédié aux personnes handicapées tuées pendant la Seconde Guerre mondiale
Mémorial à Berlin dédié aux personnes handicapées tuées pendant la Seconde Guerre mondiale

En 2015, dans l’Institut de psychiatrie Max-Planck à Munich, une étrange boite est retrouvée dans les archives. La personne qui a ouvert la boite a dû émettre une légère grimace lorsqu’elle s’est rendue compte qu’elle contenait des restes humains datant de la Seconde Guerre mondiale.

L’institut allemand Max-Planck a décidé d’allouer un budget de 1,5 millions d’euros pour analyser ces restes qui sont ceux de personnes handicapées assassinées sous le régime nazi. Cette étude mobilisera un comité de cinq chercheurs à partir de juin prochain sur une période de trois ans. Le but est d’identifier les personnes, de découvrir si leurs restes ont été utilisés à des fins scientifiques et de connaitre la raison pour laquelle ils ont été tués.

300 000 personnes handicapées tuées par le régime Nazi

En janvier 1940, l’Allemagne d’Hitler met en place l’aktion T4. Ce programme a pour but d’euthanasier les personnes souffrant d’un handicap. 70 000 personnes atteintes d’un handicap mental ou physique sont gazées par les nazis. Face à l’indignation du peuple allemand face à ces pratiques barbares, Le IIIème Reich stoppe son programme en 1941. Mais les expérimentations scientifiques continuent jusqu’en 1945. On estime à environ 300 000 le nombre de personnes en situation de handicap tuées sous le nazisme.

Après la guerre, les études scientifiques utilisant les restes des personnes assassinées entre 1940 et 1945 continuent. C'est le cas de la société Kaiser-Wilhelm, ancêtre de l’Institut Max-Planck, qui continue ses études jusque dans les années 60.

C’est en partie pour s’excuser de ce passé tumultueux que l’Institut lance cette étude. D’autant plus que ces restes humains étaient censés avoir été détruits dans les années 90. En vérité, ce ne sont que 30 % d’entre eux qui le furent.

Un difficile devoir de mémoire

Cette action de l’Institut Max-Planck constitue aussi un travail de mémoire sur la Seconde Guerre mondiale difficile à étudier aujourd’hui en Allemagne. Les familles des victimes ont dû attendre 2014 pour que l’Etat fédéral Allemand s’excuse officiellement des massacres qui ont pu être commis à l’encontre des personnes handicapées par le régime nazi à travers la construction d’un mémorial construit à Berlin. Pour ces familles. Il faut attendre encore trois ans pour savoir si leurs proches figurent parmi ces restes retrouvés et de quelle manière ils ont été assassinés.

Clément Touron

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