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Mardi 09 Août 2016 - 17h49

Cybathlon

Cybathlon, les « Jeux olympiques » de l’homme assisté par la technologie

Le cyborg est devenu réalité. Le 8 octobre prochain, Zurich accueille la première édition du Cybathlon. Les participants, des « cyborgs », sont des personnes handicapées bénéficiant d’améliorations robotiques. Objectif de la compétition : illustrer et promouvoir les avancées dans le domaine de la robotique au profit des personnes handicapées.

Un participant doté d'une prothèse de jambe.
Un participant doté d'une prothèse de jambe.

Avec 80 équipes et leurs cyber-athlètes issus de 25 pays et près de 300 scientifiques et ingénieurs qui rivaliseront d’ingéniosité pour pousser leur athlète vers la victoire, l’événement est de taille. Les participants s’affronteront dans six disciplines qui mettent en œuvre l'alliance entre la machine et l'homme. Au programme par exemple : des courses avec des prothèses motorisées et parfois même capable de sensations, ou encore des courses de fauteuil roulant sur un parcours parsemé d'escaliers.

Si l’événement peut rappeler les Jeux paralympiques par de nombreux aspects,  il y a cependant une différence fondamentale puisque ceux-ci célèbrent uniquement la performance humaine -les athlètes n’ont le droit qu’à des appareils qui fonctionnent grâce à la force musculaire-. De son côté le Cybathlon met en avant la technologie et l’innovation. Ses champions utiliseront des prothèses électriques, souvent à peine sortie du laboratoire, et sont appelés des pilotes plutôt que des athlètes. L’enjeu du cybathlon est aisément compréhensible : faire en sorte d’accélérer le développement technologique et la diffusion dans le monde entier des appareils expérimentés pendant les épreuves.

Des Jeux pas si olympiens

Robert Riener, le professeur de robotique à l’origine des Jeux, pensait initialement organiser des épreuves extrêmement spectaculaires comme le fait d’escalader une montagne avec des prothèses électriques. Il a changé d’avis en 2013, après avoir parlé avec un ami ayant perdu son bras à cause d’un cancer, et qui disposait depuis d’une prothèse. L’appareil fonctionnait très bien pour faire de grands mouvements mais était catastrophique en terme de motricité fine. Comme l’avait raconté l’homme à Riener, alors qu’il achetait un jour des tickets de cinéma, il pouvait ressentir les personnes faisant la queue s’impatienter et s’énerver pendant qu’il se démenait pour sortir son portefeuille et attraper les billets pour payer.

Riener a ainsi réalisé que ces défis du quotidien, certes peu impressionnants, étaient beaucoup plus compliqués et avaient bien plus de sens que le besoin de créer par exemple une super jambe robotique qui permettrait à quelqu’un de courir à une vitesse supérieur à celle d’un humain classique. Il a donc décidé que la plupart des compétitions du Cybathlon seraient de manière distinctive « non olympiennes » en cela qu’elles seront basées sur les tâches quotidiennes plutôt que sur le spectaculaire. Les personnes atteintes d’un handicap rivaliseront chacun dans une des six épreuves qui testera leur capacité à faire face aux tâches de la vie de tous les jours. Une course pour les utilisateurs de prothèses de bras sera remportée par le premier cyborg qui réussira différentes tâches, dont celle de préparer un repas et attacher des vêtements. La course de fauteuil, quant à elle,  mettra les pilotes au défi de passer à travers différents obstacles comme des escaliers ou des bosses.

Favoriser l’innovation

Derrière l’enrobage sportif se cache donc une véritable ode à l’innovation. La compétition vise donc trois objectifs : faciliter les relations entre les champs académiques et industriels, faciliter les relations entre les concepteurs de technologies et les personnes handicapées, et enfin démocratiser et promouvoir l’utilisation de dispositifs d’assistance robotisée pour aider le plus grand nombre de personnes possibles. Riener lui-même espère que cela permettra de favoriser la collaboration et la créativité des scientifiques qui est souvent mise à mal par le processus académique traditionnel. Ce dernier étant entravé par les inquiétudes liées à la propriété intellectuelle et les luttes pour les subventions.

Tom Bry-Chevalier

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